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16 mai 2026 - Achat

Marché immobilier à Montréal — Printemps 2026 : les prix tiennent, les acheteurs prennent leur temps

Par Michele-V. Guzzo, Courtier immobilier — MVG Immobilier | Royal LePage Urbain

Les données d’avril 2026 viennent de tomber. Le portrait est nuancé — et c’est précisément ce qui le rend intéressant à décoder.

Le marché immobilier de la région métropolitaine de Montréal n’est ni en surchauffe ni en correction. Il est en consolidation. Les volumes reculent, les acheteurs font preuve de prudence, l’inventaire remonte. Et pourtant, les prix progressent dans toutes les catégories. Ce paradoxe apparent a une explication — et il a des implications directes pour quiconque envisage d’acheter ou de vendre dans les prochains mois.

Ce que les données disent vraiment

En avril 2026, 4 744 transactions résidentielles ont été enregistrées dans la RMR de Montréal, selon l’APCIQ — un recul de 7 % par rapport à avril 2025. Chiffre qui fait peur à première vue. Mais le contexte change tout : ce volume reste proche de la moyenne des dix dernières années. Ce n’est pas un effondrement. C’est un retour à la normale après plusieurs années d’activité exceptionnelle.

Les prix, eux, continuent de progresser :

CatégoriePrix médian avril 2026Variation sur un an
Unifamiliale645 000 $+3,2 %
Plex865 000 $+3,7 %
Copropriété425 000 $+0,2 %

Source : APCIQ, statistiques résidentielles RMR de Montréal, avril 2026.

Un marché où les volumes baissent mais les prix tiennent — c’est la définition d’un marché qui se rééquilibre sans se corriger. Les vendeurs ne bradent pas. Les acheteurs ne fuient pas. Ils prennent simplement plus de temps.

Pourquoi cette prudence ?

Camille Laberge, économiste principale de l’APCIQ, l’a dit clairement dans le communiqué d’avril : la demande est freinée par l’incertitude économique et le niveau élevé des prix, qui continuent de poser un enjeu d’abordabilité, particulièrement pour les premiers acheteurs.

Deux facteurs alimentent cette prudence en ce printemps 2026.

L’abordabilité, d’abord. Les prix ont progressé rapidement ces dernières années. Même avec un taux directeur de la Banque du Canada stable à 2,25 %, l’accès à la propriété reste un défi réel pour beaucoup de ménages — surtout les primo-accédants. Ce n’est pas une crise. C’est une friction structurelle.

L’incertitude économique, ensuite. Le contexte géopolitique et commercial génère une hésitation chez les acheteurs qui ont la capacité financière d’agir mais préfèrent attendre un signal plus clair. Ces acheteurs existent. Ils sont préqualifiés. Ils visitent. Ils n’ont pas encore appuyé sur la gâchette.

Ce qui change concrètement : les propriétés surévaluées ou mal positionnées restent sur le marché. Les propriétés bien évaluées, dans de bons emplacements, continuent de se vendre rapidement — selon l’APCIQ, les unifamiliales en 34 jours en moyenne en avril, les plex en 45 jours.

L’inventaire remonte — ce que ça signifie

L’offre de propriétés à vendre dans la RMR de Montréal continue de progresser d’une année sur l’autre, avec des hausses particulièrement marquées dans le segment des condos : +19 % au premier trimestre 2026 selon l’APCIQ.

Ce retour de l’offre est une bonne nouvelle pour les acheteurs — surtout dans le segment des condos, où ils disposent d’un pouvoir de négociation qu’ils n’avaient pas depuis plusieurs années. C’est une fenêtre réelle, et elle ne sera pas permanente.

Pour les vendeurs, ce contexte impose une discipline de prix. Un condo centre-ville avec plusieurs unités similaires en compétition directe ne peut plus se permettre d’être positionné en haut de la fourchette sans justification claire. La demande est là — mais les acheteurs comparent davantage, et ils ont le temps de le faire.

Rosemont–La Petite-Patrie : le plancher qui ne cède pas

Rosemont–La Petite-Patrie continue d’afficher une des demandes les plus stables de l’île. Selon le baromètre résidentiel de l’APCIQ pour le premier trimestre 2026, voici les prix moyens dans le quartier :

  • Copropriété : 595 000 $
  • Plex : 1 019 393 $
  • Unifamiliale : 1 155 414 $

Les plex et unifamiliales de Rosemont restent parmi les propriétés les plus convoitées de l’île. L’inventaire dans ces catégories est structurellement limité — le quartier est dense, bâti, et les nouvelles constructions y sont rares. Ce déséquilibre offre/demande soutient les prix sur le long terme.

Pour les condos, l’offre est plus présente qu’il y a un an. Les acheteurs ont plus de marge de manœuvre — mais les bons produits, bien entretenus, dans de beaux immeubles, se vendent encore sans résistance majeure.

Le Plateau-Mont-Royal : le prestige à un prix

Le Plateau se maintient comme l’un des marchés les plus chers et les plus stables de Montréal. Prix moyens selon le baromètre APCIQ T1 2026 :

  • Copropriété : 625 112 $
  • Plex : 1 136 519 $
  • Unifamiliale : 1 300 659 $

Dans ce quartier, les propriétés sous le million de dollars suscitent encore une demande soutenue. Au-delà, le marché est plus sélectif — les acheteurs exigent un état impeccable et un emplacement précis.

L’inventaire reste limité dans les emplacements de choix. Les rues les plus prisées, les appartements avec cachet, les plex bien entretenus — ces propriétés ne restent pas longtemps disponibles. La compétition existe toujours. Elle est simplement plus ciblée qu’il y a deux ans.

Villeray : le meilleur rapport qualité-emplacement sur l’île

Villeray s’impose de plus en plus comme le choix stratégique pour les acheteurs qui veulent l’île, la connectivité et le caractère de quartier — sans les prix du Plateau. Prix moyens selon le baromètre APCIQ T1 2026 :

  • Copropriété : 514 195 $
  • Plex : 881 342 $
  • Unifamiliale : 711 027 $

L’écart avec Rosemont et le Plateau reste significatif, particulièrement sur les unifamiliales. C’est là que réside l’opportunité. Pour un premier acheteur qui hésite entre un condo et une petite plex, Villeray offre des points d’entrée réalistes dans un quartier qui continue de prendre de la valeur.

La zone autour du Parc Jarry et des stations de métro de la ligne orange concentre la demande la plus forte. Les propriétés bien situées dans ce périmètre reproduisent les dynamiques de marché de Rosemont : demande robuste, inventaire limité, délais de vente courts.

Ce que ça veut dire si vous achetez

Le printemps 2026 est un des moments les plus favorables aux acheteurs depuis 2021. L’inventaire a remonté, la compétition s’est modérée dans plusieurs segments, et les taux sont stables. Ce n’est pas un creux de marché — les prix ne corrigent pas. Mais c’est une fenêtre où vous pouvez prendre le temps de bien choisir, négocier raisonnablement et agir sans la pression des surenchères systématiques.

Le segment à surveiller de près : les condos. L’offre a augmenté, les délais de vente s’allongent légèrement, et les acheteurs ont repris un pouvoir de négociation réel. Si vous ciblez un condo dans un bon immeuble bien géré, vous avez aujourd’hui plus de marge qu’il y a un an.

Pour les unifamiliales et les plex, c’est une autre réalité. L’inventaire reste serré, les délais de vente sont courts, et la demande est structurellement forte. Dans ces catégories, l’attentisme coûte souvent plus cher que l’action.

Ce que ça veut dire si vous vendez

Les fondamentaux restent solides — mais le marché a changé de vitesse. Deux erreurs à éviter absolument en ce printemps 2026 :

Surévaluer. Les acheteurs comparent plus, hésitent davantage et n’ont plus peur de laisser passer une propriété mal évaluée. Une propriété qui arrive trop haute accumule les jours sur le marché, ce qui crée une perception négative difficile à effacer — même après une réduction de prix.

Négliger la présentation. Dans un marché où l’inventaire remonte, les acheteurs ont des alternatives. Une propriété en bon état, bien mise en valeur, se démarque immédiatement. Ce n’est pas le moment de lister sans préparation.

Les vendeurs qui réussissent en 2026 sont ceux qui arrivent avec une tarification juste dès le premier jour et une propriété prête à être visitée. C’est aussi simple — et aussi exigeant — que ça.

Ce qu’il faut retenir

Montréal en mai 2026, c’est un marché sain dans un contexte incertain. Les volumes ont fléchi, mais les prix tiennent. L’inventaire remonte, mais la demande reste présente. Les acheteurs prennent plus de temps — ce qui est une opportunité pour ceux qui sont prêts, et un signal d’alarme pour les vendeurs qui arrivent mal préparés.

Les quartiers ciblés — Rosemont, Plateau, Villeray — continuent de performer. Leurs fondamentaux ne changent pas : densité bâtie, demande durable, inventaire structurellement limité. Ce sont des marchés où la qualité du positionnement fait toute la différence.

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Sources

APCIQ — Statistiques résidentielles RMR de Montréal, avril 2026 (publié le 6 mai 2026)

APCIQ — Baromètre résidentiel, premier trimestre 2026